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Dans les livres anciens – 1


Source: Histoire des villes de France d’Aristide Gulbert 19ème siècle –  Comme on peut le voir, sur plus de 900 pages de ce tome 2, la place consacrée à Nontron est toute relative!



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Aux nostalgiques du Nontronnais de jadis

la rubrique du pirate en PérigordUn peu d’histoire: Voici une vision du Nontronnais, par un certain Monsieur Ardouin-Dumazet, dans son ouvrage « Voyage en France » datant de 1852. Comme dirait l’autre: « Pas tendre avec les couteaux de Nontron de l’époque le petit gars ! »…

« … Plus riante est la vallée du Bandiat vers Nontron. L’homme a transformé l’étroite gorge commandée par la colline escarpée où la ville s’est bâtie autour d’une forteresse antique. Ce rocher fait face à des collines plus hautes. Des ponts, dont un viaduc superbe franchissant la ville basse, donnent beaucoup de caractère au site.
Au-dessus du Bandiat, un viaduc plus superbe encore porte le chemin de fer de Thiviers. Les alentours complètent ce décor. Des moulins et des scieries barrent la rivière dont l’eau frémissante s’échappe à grand bruit. Des prés minuscules enchâssés dans les arbres font un ourlet mince au torrent.

La ville semble sourire à ce paysage ; elle le contemple par une promenade bordée d’un parapet ajouré et dessinée sur l’emplacement du château des vicomtes de Limoges, dont les derniers débris sont restaurés par les soins d’une municipalité intelligente. Les hautes maisons de pierre blanche sculptée ou de moellons recouverts d’un enduit soigneusement renouvelé accroissent le caractère pittoresque du paysage.
La place principale avec ses cafés, ses hôtels, une belle fontaine est un coquet carrefour.

Les industries sont assez nombreuses, mais de médiocre importance. La coutellerie renommée, dont parlent les guides, est pour ainsi dire une amusette. Il y a deux fabricants, occupant un nombre insignifiant d’ouvriers. Nontron ne fait guère que le couteau à virole, à manche de buis tourné et orné de dessins, obtenu par le passage d’un fer aigu chauffé au rouge.

On en fait d’extraordinairement petits, vendus comme curiosité. Il en est qui tiennent à douze dans une coquille de noix, d’autres en même quantité dans une coquille de noisette ; plus fort encore : j’en ai vu douze dans un noyau de cerise ! Ces petits couteaux ne coupent pas, on obtient la lame à l’emporte-pièce dans une feuille de maillechort.

M. Bernard, le coutelier chez qui je suis entré faire emplette de quelques-unes de ces « armes », me dit qu’il a toujours vu faire de tels joujoux; il a 60 ans d’âge et le père de son grand-père était coutelier. Lui-même, quand il avait 25 ans, a réussi à faire entrer 3oo couteaux dans une noisette, ce fut son tour de force.

Noix, noisettes, noyaux de cerises sont vendus, attachés avec des faveurs de couleur tendre ; les rares touristes qui s’aventurent à Nontron ne partent pas sans emporter ces souvenirs.

Nontron eut jadis beaucoup de forges dans ses environs, traitant les minerais du pays à l’aide des charbons de bois. Elles ont disparu ; et cette industrie du fer n’est pas revenue, malgré l’existence d’un petit bassin houiller que l’on tente de mettre en valeur.

Nontron n’est pas reliée directement à Périgueux par voie ferrée, son chemin de fer la rattache d’un côté à Angouléme, ligne de Paris à Bordeaux, de l’autre à Thiviers, ligne de Paris à Périgueux et Agen. Dans cette direction, le Périgord est riant, les villages sont entrés dans la voie tracée par les campagnes limousines d’Ayen et de Donzenac en se faisant producteurs de fruits d’exportation. C’est aussi un pays grand éleveur de bétail.

Nontron est sur le granit, mais on n’a que quelques pas à faire pour se trouver en plein pays calcaire. De l’autre côté du Bandiat, à Saint-Martial-de-Valette, on change de contrée, presque de climat. Sur la rive droite sont des châtaigniers, des mousses, des eaux de teinte rouillée ; sur la rive gauche des figuiers, des vignes, des noyers, des eaux de cristal…. »

Pour lire l’intégralité de l’ouvrage, voici le lien.

Note: 3.5 / 5

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Maisons de Tolérance en Nontronnais au 19ème siècle

En consultant les registres des délibérations du conseil municipal de Nontron on découvre que les maisons de tolérance ont perturbé la vie municipale pendant 24 ans………. de 1858 à 1882.  On comprend mieux ainsi  pourquoi les Soufflaculs de Nontron, soufflent le démon sous les jupes des femmes…………

Un arrêté municipale en date du 15 avril 1858 stipule :

L’ouverture de maisons de tolérance est soumise à autorisation. Les tenanciers et logeurs sont assujettis à tenir un registre. Les femmes connues pour se livrer à la débauche seront inscrites sur un registre spécial. Défense est faite aux tenanciers de tenir cabaret et aux filles publiques d’y pénétrer. Il est interdit aux prostituées de sortir après 10 heures du soir, de se montrer au théâtre ou dans les réunions publiques, de se tenir sur le pas de leur porte ou auprès de leurs fenêtres, de se promener sur les places publiques, de se montrer dans un état peu décent, de tenir en public des propos obscènes, d’accoster les hommes (mêmes par signes), de se montrer en état d’ivresse. Les filles publiques doivent se conformer aux mesures sanitaires, notamment pour les maladies contagieuses. Elles peuvent être visitées de jour comme de nuit par les agents de police.

Arrêté signé : MAZERAT et approuvé par le préfet le 10 mai 1858.

Un nouvel arrêté en date du 20 avril 1858 : Il concerne le logement des filles publiques…

Il est interdit à tout propriétaire ou locataire de loger ou recueillir chez eux, sans la permission de l’autorité municipale, des filles publiques et gens de mauvaise vie.

Le Maire : MAZERAT

Le 20 mai 1880, 11 articles sur le service de santé, 13 sur les maisons de tolérance, 19 sur la prostitution…….

En voici quelques uns:

Article 3 : -La notoriété de femme publique est constatée dans les circonstances suivantes :

-Fréquentation des femmes soumises.

-Participation à rencontrer et réunion dans un lieu de débauche.

-Arrestation sur la voie publique pour conduite contraire aux bonnes moeurs, par provocation ou actes licencieux.

-Par communication à autrui du mal vénérien.

-Par état de domesticité dans une maison de prostitution.

Article 4 : -Seront inscrites d’office les prostituées clandestines sauf, si elles sont mariées, réserves de l’attitude du mari.

Article 5 : -Le mari peut faire rentrer sa femme au domicile conjugal ou consentir à l’abandonner. Article 6 : -Les femmes étrangères à la commune doivent avoir un an de domicile. Si non, elles sont considérées en état de vagabondage.

Article 7 : -Les femmes publiques sont classées en :

– »Femmes de maison » : elles sont placées sous l’autorité de la maîtresse de maison. – »Femmes isolées »’ : elles exercent dans un appartement garni ou dans un appartement à ferme.

Article 8 : -Concerne la tenue du registre de police.

Article 9 : -Concerne la carte sanitaire.

Article 11 : -Les fenêtres des logements des filles publiques doivent être garnies de rideaux tendus et constamment fermés lorsqu’elles ne sont pas seules.

Article 12 : -Interdiction aux filles publiques de s’introduire de jour et de nuit dans la caserne du Corps de garde (proche de la maison de tolérance).

Article 13 : -Dans les théâtres et concerts elles occuperont des places réservées et obligatoires. Article 15 : -Concerne les restrictions imposées pour les lieux d’habitation. Certains quartiers ou rues leur sont interdits.

Article 16 : – Les propriétaires de logements garnis sont tenus à l’examen répété de la carte sanitaire et de déclarer dans les 24 heures le changement de domicile de leur locataires. Article 18 : -Une fille publique est déclarée en état de vagabondage si son domicile est incertain. Article 19 : -Une fille publique peut renoncer à la prostitution par mariage, héritage, exercice d’une profession honnête, occupation d’une place fixe.

Les articles suivants concernent l’ouverture et la tenue des maisons de tolérance.

Article 20 : -L’ouverture d’une maison est subordonnée à la présentation d’une autorisation de l’administration municipale délivrée sur papier timbré, d’un état des lieux, d’un bail enregistré pour une duré de 9 ans.

Article 22 : -Le nombre de femmes ne devra pas dépasser le nombre de chambres.

Article 23 : -La porte d’entrée sera munie d’une lanterne en verre de couleurs. L’établissement ne sera ouvert que jusqu’à minuit.

Article 24 : -La maison de tolérance ne pourra être tenue que par des femmes.

Article 25 : -Les appartements seront garnis au dedans de doubles rideaux et au-dehors de persiennes à demeure. Si un jardin est attenant à la maison, il devra être clos d’un mur de 2,62 mètres au minimum.

Article 26 : -Concerne la tenue d’un registre par la maîtresse de maison.

Article 29 : -Concerne les obligations de la maîtresse de maison

-Interdiction de recevoir des souteneurs ou amants attitrés, des mineurs.

-D’employer des hommes comme domestiques.

-De se livrer personnellement à la prostitution.

-De vendre comestibles, boissons spiritueuses ou fermentées, à l’exception de la bière.

Article 30 : -Les femmes seront logées, nourries, habillées aux frais de la maîtresse de maison.

-Un lit ne peut servir à deux femmes à la fois.

Article 31 : -La maîtresse de maison est responsable des effets des filles, des désordres qui pourraient avoir lieu.

Les articles suivants concernent le service de santé.

Article 34 : -La visite médicale aura lieu une fois par semaine, sans compter les visites inopinées et les visites à l’arrivée et au départ.

Article 35 : -Toute femme publique reconnue malade sera transférée à Périgueux, jusqu’à guérison.

Article 37 : -Les femmes isolées seront visitées à leurs frais au cabinet du médecin. L’agent préposé au Service des moeurs percevra deux francs par semaine et par femme visitée.

Article 38 : -Les visites ordinaires auront lieu le jeudi de chaque semaine.

Article 39 : -Concerne l’organisation de la visite par l’agent des moeurs assistant le médecin. Il devra procéder à l’appel, examiner les cartes sanitaires, relever les absences.

Article 44 : -Les maîtresses de maison doivent visiter tous les jours la partie sexuelle des femmes quelles entretiennent et signaler sur le champ au médecin toute altération suspecte.

Article 45 : -La femme enceinte est l’objet d’une surveillance spéciale. A huit mois de grossesse, elle sera dirigée sur l’hospice.

Une maison de tolérance était située rue du Palais, c’est la ruelle parallèle à la rue des Prisons (place du canton). Elle était tenue par Marie Malbusson en 1880, puis ce fut la dame Julie Jacquet, épouse de M° Alain Léveillat en 1881 en remplacement de Elisa Gaillard. En 1882 cette maison de tolérance était tenue par Anne Ody. N’oublions pas le café des Italiens, place Alfred Agard, qui était un lieu de fêtes et sans doute de débauche. (1er étage au dessus du Crédit Lyonnais).

Note: 5 / 5


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