couteaunontronLa commune de Saint-Martial de Valette est voisine de celle de Nontron. Notre histoire est commune et dans cette histoire, un objet a marqué l’enfance de chacun: Le couteau de Nontron

On en a reçu un en cadeau, on en a offert aussi, non sans une certaine fierté parfois… Comme si on offrait ou recevait un peu de toute l’histoire de notre petit pays.

Parlons un peu de l’histoire de ce couteau légendaire qui, encore aujourd’hui, est considéré comme l’un des meilleurs de France.

La tradition de la coutellerie à Nontron date du 15e siècle. Fabrication traditionnelle de qualité, chaque artisan coutelier fabrique son couteau de bout en bout. Avec des gestes précis, les artisans effectuent les quelques trente cinq opérations que compte la réalisation d’un couteau, du découpage du bois à son décor dont le symbole est reconnaissable par tous les initiés.

Les manches sont travaillés en bois dur comme l’ébène, le genévrier, l’Amourette et plus souvent le buis qui lui, est coupé au bout de 15 à vingt ans. Le bois sèche à l’air libre pendant au moins quatre ans avant d’être travaillé.

Les lames des couteaux de Nontron sont traditionnellement en acier inoxydable. Les lames en acier carbone ou les lames Damas sont également disponibles.

C’est au XVIIè siècle que se développe vraiment la coutellerie Nontronnaise avec la venu du premier maître coutelier, Guillaume Legrand, de la paroisse Saint-Eustache de Paris. Il se marie à Nontron le 13 Octobre 1654 et fonde la première « famille » de couteliers Nontronnais; Deux de ses descendants poursuivront l’aventure avant que d’autres prennent le relais.

XIXè siècle: L’âge d’or du couteau de Nontron

L’identité du couteau de Nontron s’affirme au cours du XIXè siècle.

Un document de 1827 évoque les couteaux aux manches en buis et la réalisation de couteaux miniatures logeant dans une noisette (jusqu’à 72). Les couteliers s’approvisionnent alors en buis dans les forêts Nontronnaises, de Charente et du Causse de Quercy.

Trois caractéristiques du couteau de Nontron apparaissent dans cet environnement particulier :

– le motif pyrogravé en forme d’arc auréolé de trois points

– une diversification des manches en buis : sabot (ou asymétrique), boule, queue de carpe, à double virole

– la virole tournante en laiton.

Les couteaux sont primés dans de nombreuses expositions industrielles.

XXè siècle: Couteau populaire mais artisanat de qualité

Dès les années 1915-1930, les lames des couteaux de Nontron proviennent de Thiers. Il faut alors faire le tour des petits ateliers (rémouleurs, fondeurs, …) pour obtenir la lame désirée.

Pendant la première guerre mondiale, les coutelleries de Nontron produisent de grands couteaux palmaires à ressort, au manche en bois ou bois de cervidé.

Économiquement parlant, les couteliers nontronnais ont du mal à faire face.  Pourtant, le 10 décembre 1928 naît la SARL « Coutellerie Nontronnaise » dont le siège se situe au 33, rue Carnot.

Pendant la seconde guerre mondiale, il faut à nouveau faire face aux difficultés. Alphonse Chaperon, qui a racheté la société, découpe les viroles et les cachets dans les portes des C4 transformés en camionnettes à plateau. L’approvisionnement en buis étant difficile, les manches sont confectionnés en houx ou en acacia.

Après la Guerre, c’est le fils d’Alphonse, Gérard Chaperon, qui reprend l’affaire. Il diversifie la production en élargissant la gamme d’articles de table.

Sa clientèle est populaire et touristique. Dans la boutique on vend aussi des cadeaux et l’on fait beaucoup de réparations.

En 1968, Gérard Chaperon installe un atelier plus moderne à Azat qui annonce le fonctionnement actuel.

En 1986, la coutellerie est achetée par François Devige et Bernard Faye. En 1992, c’est la Forge de Laguiole qui en fait l’acquisition.

Les lames des couteaux sont forgées à Laguiole alors que l’acier est extrait des aciéries de Montpertuis dans l’Isère. Le buis provient du Nontronnais, de l’Angoumois (forêt de la Braconne) et du Poitou.

On peut aujourd’hui voir les artisans couteliers à l’œuvre dans le nouvel atelier bâti sur les plans de Luc Arsene-Henri.

Le caractère artisanal de la production s’est maintenu et chaque couteau est toujours confectionné de bout en bout par un seul et même coutelier.

Et aujourd’hui encore, le couteau de Nontron me rappelle mon enfance…

P

dates et vacances en Périgord

Trois liens pour en savoir plus:

http://www.coutellerie-nontronnaise.fr/

http://www.couteaux-nontron.fr/

http://feteducouteau.typepad.fr/


Notes complémentaires en provenance des archives départementales:

HISTOIRE DU COUTEAU DE NONTRON

La réputation des couteaux de Nontron est établie depuis longtemps.

Ils sont nés de l’alchimie des eaux froides du Bandiat et du minerai présent sur place et exploité depuis des âges très anciens.

Bien avant l’ère chrétienne, les Pétrochimie, exploitèrent le minerai de fer en divers endroits du Périgord et, sur les coteaux d’AZAT en Nontronnais, les gaulois installèrent les premières forges.

Vers 1300, d’après le glossaire de Sainte PALAYE, la qualité des fers et des aciers du Périgord était célébrée par les poètes qui vantaient  »les couteaux de Pierre gord ».

L’épée de Charles VII ne fut-elle pas coulée et forgée à Nontron ? (d’après la tradition).

On retrouve  »les couteaux de Pierre gord » dans la nomenclature des crieriez de Paris, dans ce moyen-age, les compagnons couteliers parisiens faisaient étape à Nontron pour y perfectionner leur art pendant leur tour de France.

Le 13 octobre 1653, comme en fait foi les actes de l’état civil, Guillaume Le GRAND , Maître coutelier de Saint Eustache de Paris, se mariait à Nontron et s’y établissait.

On trouve toute une lignée de couteliers : en 1775 Bertrand BERNARD ; en 1780 création de la maison BERNARD ; en 1803 René BERNARD ; en 1819 Henri BERNARD ; en 1821 Jean-Baptiste BERNARD ; en 1831 Guillaume BERNARD. 

En 1788, l’inspecteur des manufactures et fabriques de la Généralité de Bordeaux recense 39 coutelleries dispersées en Périgord dont 5 à Nontron qui sont les plus estimées.

Selon le journal  »Le Nontronnais  » du 4 mars 1849, Messieurs PETIT Frères envoient des couteaux à Paris pour l’exposition quinquennale des produits de l’industrie. Les couteaux de Nontron avaient déjà obtenus les honneurs d’une citation favorable à l’exposition de 1844 ( journal Le Nontronnais du 18 février 1849).

En 1905 dans l’Almanach de l’arrondissement de Nontron, il n’y a plus que BERNARD et PETIT qui fabriquent les couteaux de Nontron.

En 1928, création d’une SARL  »La coutellerie Nontronnaise » avec pour gérant Monsieur Jean PETIT et Louis BARRY.

En 1931, achat de la  »Coutellerie Nontronnaise » par Alphonse CHAPERON, qui la cède à son fils Gérard CHAPERON en 1943.

Les qualités du Nontron sont reconnues en maint endroit de France.

Jean-Balthazar-Marie MALARD de La VA RENDE , plus connu sous le nom de JEAN de La VA RENDE (écrivain né le 24 mai 1887, décédé le 8 juin 1959), dans ses romans historiques situés en Normandie à la fin du XVIII ème siècles le place souvent dans les mains de ses héros.

Mais s’il est l’outil des roturiers et des aristocrates, il a séduit nombre de malfrats parisiens de la pire espèce, ceux qu’on appelle les  »Apaches » qui trouvent là l’outil idéal pour arranger au plus vite quelques vilaines affaires.

Le musée de la Préfecture de Police de Paris conserve sous le N° 345 un couteau de Nontron qui a servi le 10 Août 1883 à un double meurtre à Paris.

Une autre énigme, en cette fin du XIX ème siècle est l’apparition du motif pyrogravé dit  »mouche » constitué d’un V inversé surmonté de 3 points.

Motif que l’on retrouve à Salamanque en Espagne comme le signe symbolisant le  »VITOR », Bravo espagnol utilisé par les étudiants pour fêter leurs succès universitaires.

Le couteau de Nontron se reconnaît à sa lame en acier forgé, sa virole tournante en laiton et son manche en buis pyrogravé de couleur miel.

Il est encore fabriqué de façon artisanale dans cette petite ville du Périgord dont il a pris le nom.

Aujourd’hui comme hier, 6 couteliers façonnent les couteaux à la main, de bout en bout, assemblage magique de buis blond, de l’acier et des mystérieux motifs pyrogravés.

Merci, à la Coutellerie Nontronnaise et aux archives départementales.

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Fête du couteau de Nontron: Chaque année les dates sont publiées ici

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