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Petites histoires du temps jadis en Dordogne

Si Saint-Martial m’était conté, lettre 22

smdv-perigord (8)

Lors de mes détours les plus improbables, je passe devant de somptueuses propriétés, non identifiées. Il y a partout de belles demeures dans ce pays ! Toutes mériteraient d’être signalées. Mais on comprend que les heureux propriétaires préservent le secret de leurs cachettes.

Parce que ma kiné habite par là-bas, je pousse ma curiosité jusqu’à Saint Crépin de Richemont.

Je me gare sur le parking qui jouxte la mairie.

Je vois avec plaisir qu’ici on a su conserver la bascule publique qui servait autrefois à peser les bestiaux sur le champs de foire.

Tout près, il y a aussi un ancien puits public.

On remarque dans ce village de très belles maisons et de plus modestes, mais bien restaurées. Il semble qu’une même famille se partage les plus nobles. Quelle chance de pouvoir assurer la continuité des générations en un même lieu !

En partant, je longe le château de Richemont. Mais je laisse aux historiens le manoir de Pierre de Bourdeilles et de ses descendants. Je longe la propriété sur une route étroite qui n’est qu’une succession de nids-de-poule, pour aboutir, en bout de chemin, au lieu-dit  »les Baléares » – non, je n’invente pas ! –  qui, au milieu des champs, offre l’un d’eux à une décharge de voitures.

C’est ainsi que se côtoient, dans un même périmètre, des lieux prestigieux et d’autres sordides, des maisons élégantes et d’autres négligées. Mais dans l’ensemble, que de bonnes surprises quand on s’égare dans nos contrées !

Agnès DESAGES


©Site officiel de la commune de Saint-Martial de Valette en Périgord vert - https://saint-martial-de-valette.fr

Si Saint-Martial m’était conté, lettre 21

smdv-perigord (8)S’il y a des aménagements qui défigurent des sites naturels, ce n’est pas le cas pour le Grand Etang de Saint-Estèphe qui mérite un exposé à lui tout seul.

Mes premiers souvenirs s’attachent au plus vieux de mes albums : 1944 – Photo un peu sombre par une journée d’hiver, devant le lac. Mon grand-père et mon futur père, béret sur la tête, imperméable au vent. Ma future maman emmitouflée dans son manteau.

Pourquoi ont-ils eu besoin de se faire photographier dans cette nature sauvage, un jour de frimas ?

A priori, ce cliché ne donnerait à personne l’envie de se rendre sur les lieux.

Et pourtant, que de fois y suis-je allée !

Adolescente, revenue de quelques années passées au Maroc, j’y ai amené une amie de classe.

Autre photo : Nous sommes sur la grève déserte, frileuses dans nos maillots de bain. Rares sont encore les gens qui tâtent l’onde. On commence pourtant à procéder à des analyses de l’eau ; certains s’aventurent dans les zones où ils n’ont pas pied. On prend le temps de séparer les surfaces de baignade de celles des loisirs : pédalos pour explorer le bout de l’étang, en passant devant le camping aménagé sur l’autre rive ; course de hors-bord organisée un dimanche d’été, ce qui attire beaucoup de monde.

En région parisienne, lorsque je nomme la ville de Nontron, personne ne la situe. En revanche, tout le monde me parle de Brantôme….. et de Saint-Estèphe !

Je précise que Nontron se trouve au milieu de cette ligne…..

Saint Estèphe attire grands et petits : La pêche pour les uns, bien règlementée ; un petit train qui se faufile entre les arbres, pour les petits ; débit de boisson pour les parents qui attendent leur progéniture.

Enfin, ces vingt dernières années, réaménagement et embellissement total des lieux.

A l’extérieur, de grands parkings bordés de massifs fleuris, s’apprêtent à accueillir le stationnement même si, le succès venant, ils ne sont pas suffisants, et on continue à se garer alentour.

Entrée agrémentée, avec une cabane abritant les secours, des sièges spéciaux pour handicapés désireux de se baigner, et des maîtres-nageurs-sauveteurs. Pancartes diverses et affiches explicatives renseignent sur la topographie, les droits et les devoirs de chacun.

Plage agrandie, ensablée, propre.

Une promenade en planches – non, nous ne sommes pas à Deauville – longe la plage. Tout près, un vaste secteur herbeux où l’on peut étendre sa serviette sur des chaises longues en bois très design ou par terre, à l’ombre, à moins que l’on ne préfère les tables et les bancs de pique-nique.

On peut poursuivre le circuit par un chemin naturel à travers bois, non sans s’être arrêté faire quelques exercices avec les appareils de musculation. On lit, ici ou là, des panneaux qui nous renseignent sur la faune et la flore.

Au bord de l’étang, des avancées permettent aux pêcheurs de s’isoler des vacanciers de passage.

Enfin, pour changer de rive, un bac que l’on peut actionner à la force des bras en tirant sur un filin.

Depuis le temps que l’on avait envie de faire le tour de l’étang ! Des bancs incitent au repos. Le camping s’est doté de petits chalets en bois.

Puis, on rejoint la nouvelle route, l’ancienne ayant été détournée afin de séparer la circulation automobile de celle des piétons qui s’arrêteront peut-être au restaurant.

Et tout cela, cette beauté enrichie, offerte à tous, avec une gratuité permanente d’accès !

Un lieu où, l’été , il fait toujours bon, dans un courant d’air naturel et à l’ombre épaisse des arbres.

Quel cadeau !

Agnès DESAGES


©Site officiel de la commune de Saint-Martial de Valette en Périgord vert - https://saint-martial-de-valette.fr

Si Saint-Martial m’était conté, lettre 20

smdv-perigord (8) Je reprends la route de Mareuil, que je quitte, quelques kilomètres plus loin, en direction des Bernardières.

Je connaissais l’existence du château, mais pas du hameau.

C’est une route étroite, en mauvais état, qui m’y conduit.

Au milieu des bois, sous un ciel maussade, une impression un peu dérangeante me gagne. On s’attendrait presque, en ces lieux retirés, à voir resurgir des bandits de grand chemin….

Puis l’horizon se dégage tout d’un coup. Un panneau impose trente à l’heure. Comment ne pas être tenté de ralentir tout-à-fait et de s’arrêter ?

J’aborde une personne qui vient d’arriver elle-même en voiture. Puis, sur ses indications, je me promène alentour.

J’emprunte un sentier herbeux, bien entretenu, entre deux murs de pierres sèches. Ici, je croise un chien qui vient à ma rencontre, et là un chat qui guette les passants, un autre étendu nonchalamment sur une terrasse. Nul animal agressif en ces lieux. Je poursuis donc mon chemin. Ici, un buis majestueux résiste encore à la maladie. Là, et encore là-bas, des yuccas arborent leur hampe blanche, alors que les miens ne fleurissent que tous les dix ans ! Pourquoi ?

Il est vrai qu’ici tout respire la santé.

Au fur et à mesure de ma découverte, je m’étonne de constater que presque toutes les maisons sont rénovées et habitées. Dans les jardins, du mobilier en fer forgé contribue à donner une note d’authenticité à cet endroit.

Je contourne une grange à moitié debout. Il reste donc encore des bâtisses à reconquérir ? Mais, en en faisant le tour, je découvre un mur aux pierres bien jointoyées encadrant une large ouverture en pierre de taille. Dans un coin, une vieille échelle en bois fait un clin d’oeil au passé et offre une invitation à venir poursuivre les travaux.

Des rosiers grimpants ornent la moindre façade.

Des rideaux aux fenêtres, quelques personnes actives dans les jardins : C’est une quiétude vivante. Un silence habité.

Cet endroit est séduisant.

A la sortie des Bernardières, je tourne à gauche vers Champeau. Je suis d’abord choquée par l’emplacement d’une scierie : Elle n’est même pas à l’entrée du village, mais  »dans » le village ! Le bruit des machines ne m’incite pas à m’arrêter.

Pourtant, je suis curieuse de franchir le mur d’enceinte, à ma droite : Après quelques marches en pierre, on passe une porte surmontée d’une croix. Puis, un terrain herbu. Un cimetière ? Non, puisqu’apparemment il n’y a pas de trace de tombe. Mais, au fond, une maison dont l’entrée est dominée par une majestueuse statue mariale. Alors, ancien couvent peut-être ?

Je voudrais m’adresser à la mairie pour en savoir davantage : Elle est fermée. Je guette le moindre habitant : Personne en vue. Je me dirige vers la belle l’église des 13 ème et 15 ème siècles, mais pas davantage d’explications. Il n’y a pas âme qui vive dans ce village ! Les portes sont closes. Il est vrai qu’il n’y a aucune incitation à s’attarder à l’extérieur, étant donné le bruit dominant de la scierie.

Quel contraste avec l’atmosphère du hameau précédent !

En reprenant mon itinéraire La Tour Blanche – Nontron, je me glisse vers des contrées sauvages à la recherche de La Chapelle Montmoreau.

Je fais d’abord fausse route et me retrouve au lieu-dit  »repaire » qui n’est pas un repère ! Je rebrousse chemin.

Dans le village enfin trouvé, le beau domaine de Montmoreau semble englober la chapelle-église paroissiale : Sans doute une certaine unité des lieux à l’origine, mais que les services de la mairie n’ont pu me certifier.

Une chance cependant : l’église est ouverte.

Murs blancs. Autel en bois sculpté bien ciré. La chaire et son escalier d’accès n’ont pas été ôtés.

Sur un mur extérieur, je relève sur une plaque :  »La mendicité est interdite dans le département de la Dordogne.  » C’est bien le seul vestige de ce genre que je connaisse.

Je quitte le village par une route en lacets, digne de nos bonnes vieilles montagnes. Mais je reviendrai fureter dans les parages.

Agnès DESAGES


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