dordogne-perigord-vert-france (63)Suivez le guide, je vais vous raconter la vie du rail de Nontron.

Rendez-vous devant la gare, qui a encore le nom de Nontron sur ces frontons.

-A ma gauche : la direction d’Angoulême, et à ma droite : la direction de Thiviers.

Cette gare a fonctionné pendant près de 87 ans. Le trafic des voyageurs a cessé en 1946 et celui des marchandises en 1970.

-Décembre 1879 : ouverture du chantier de la gare avec une inauguration le 5 août 1883.

-Il y a une passerelle qui enjambe la voie ferrée, direction Angoulême , et qui se nomme  »Le pont des Fainéants »; appellation qui veut tout dire.

-Le château d’eau de 150 M3 ne fut réalisé qu’en 1892, il était alimenté par une prise qui captait l’eau du Bandiat. Une chaudière, fonctionnant au charbon, activait la prise d’eau. Un spécialiste venait d’Angoulême une fois par semaine pour amorcer la pompe, nettoyait les éléments, mangeait sur place, et le soir regagnait la préfecture de la Charente par le train.

-Direction Angoulême, nous avons un autre viaduc appelé  »Viaduc du refuge » d’une longueur de 162,50 mètres et une hauteur de 50 mètres en courbe de 400 mètres de rayon. Il fût adjugé le 21 août 1880 pour être terminer le 23 décembre 1882.

-Suivez moi direction Thiviers, et arrêtons-nous sur le viaduc qui franchit la vallée du Bandiat. Il fût achevé en 1887. En face de nous, un autre viaduc, mais routier, élevé en 1883. Il permettait de relier le haut de Nontron à la gare. Avant cette construction, le centre ville se trouvait à 1500 mètres de la gare ; grâce à ce viaduc, la distance fut ramenée à 650 mètres. Sa grande voûte (30 mètres sur 19 mètres de hauteur est la plus grande qui existe à plus de 100 km aux environs). Un mois a suffi pour poser la clef. Selon le journal du 18 mai 1884, il a été employé dans chaque tête, 207 voussoirs et, pour l’intrados de la voûte (face inférieure d’un tablier, d’une poutre, d’un arc ou d’une voûte), il a fallu 3105 moellons. Depuis le jour où le cintre a été achevé, il a été exécuté environ 800 M3 de maçonnerie.

-Le tronçon Nontron-Thiviers, soit 27 km ( 10 ans pour faire 27 km….) pour un coût de 358 000 F

(soit 138 500 000 € en 2014), fut inauguré le 8 juillet 1891.

-En Périgord Vert, on aime bien les inaugurations ; tout est prétexte à faire la fête.

-La ligne Le Queroy à Nontron (direction Angoulême) fut inaugurée le 5 août 1883. 3000 personnes étaient à la gare pour accueillir le train ministériel qui amenait les notabilités, dont le ministre des Travaux Publics,

M° RAYNAL.

-3 jours de fêtes et de repas pour cet événement avec cavalcade, 8 chars et un feu d’artifice dont la dernière pièce était représentée par une locomotive. Pour achever ces festivités, un grand bal travesti dans la salle du café italien (qui pour l’anecdote était la maison close de Nontron).

-Le premier train de voyageurs, le 10 août 1883, partait à 6 h 40, pour arriver à Angoulême à 8 h 31. Prix d’une

1er classe : 6,25 F, une 2e classe : 4,70 F, et une 3e classe : 3,45 F car à cette époque, il y avait 3 classes dans les trains. Pour vous donner une idée, le salaire journalier d’un ouvrier était de 4,85 F, d’une ouvrière 2,46 F, une femme de ménage 1,50 F et 1 litre de vin et 1 litre de lait valait 10 centimes.

-La halte de Saint-Martin-le-Pin n’était ouverte qu’au service des voyageurs sans bagage, ni chien.

-La ligne Nontron-Thiviers fut inaugurée le 8 juillet 1891.

-Le premier train n’est pas parti de Nontron, mais de Thiviers. Il fut parrainé par le Ministre de la Marine (M° CAVAIGNAC). Premier arrêt à Saint-Jean-de-Côle, puis Milhac-de-Nontron, Saint-Pardoux-la-Rivière et arrivée à Nontron. Grande fête avec les autorités municipales, le sénateur, la société musicale, discours du ministre, embrasement de la vallée, puis un banquet à l’hôtel Michaudel.

-A 3 km de Nontron le train empruntait un tunnel log de 500 m, qui existe toujours. En octobre 1894 à l’entrée de ce tunnel, le train de Thiviers s’est arrêté après avoir écrasé un énorme sanglier. Tout le monde en a voulu un morceau.

-A Sarrelière, il y avait un passage à niveau avec garde-barrière, mais les trains ne s’y arrêtaient pas, sauf pour M° le Marquis de La Garde (propriétaire du château de Lapouyade) pour le remercier de ses largesses. M° le Marquis avait donné des terres afin que l’on puisse y construire la voie ferrée. En compensation, il bénéficia de ce privilège. Cette halte fut appelée  »La halte du Marquis ».

-Le 21 février 1904, le train N° 1736, reliant Thiviers à Nontron déraille suite à un affaissement de terrain entre le viaduc qui traverse la Dronne et la gare de Saint-Pardoux-la-Rivière, faisant 2 morts. Si le système anti-déraillement inventé en 1885/1886 par M° CLEMENT, un habitant de Javerlhac, avait été installé, ce déraillement n’aurait probablement pas eu lieu.

-Au début, nous n’avions que 3 trains par jour, puis le trafic s’est amplifié jusqu’à 10 trains. (4 trains de marchandises en  »grande vitesse » et 6 trains de voyageurs en  »petite vitesse »). Pas de train de marchandises le dimanche. Toutes l’activité transport se faisait par le rail.

-Le trafic de notre gare était important puisque chaque jour, 50 tonnes de marchandises y transitaient. (Wagon de pierres blanche extraites de la carrière de Jomelières, des wagons de bois pelé de châtaigniers ; le bois servait à la fabrication de la pâte à papier et du tanin). Ce bois était marqué de la lettre  »C » et était expédié vers Couse-Saint-Front à l’usine qui s’appelle aujourd’hui  »POLYREY ».

-A partir de 1897 le trafic s’est amplifié, grâce au minerai de plomb argentifère (la Nontronite) extraite de la mine du Puy, (ce minerai ayant une teneur de plus d’un kilo d’argent à la tonne, quant au plomb une moyenne de 700gr/t, et la composition chimique de ce minerai est similaire à celle qui recouvre plus de 40% du sol martien, selon les travaux de nos scientifiques). Ce minerai prenait la direction des usines de Pontgibaud dans le Puy-de-Dôme (en 1880, c’est la mine d’argent la plus importante en France), pour y être traité.

-Les jours de foire, la gare d’embarquement était encombrée de bestiaux pour être embarqués dans une cinquantaine de wagons.

-Vers le mois d’octobre, pour la foire aux  »Boursades » on expédiait 50 sacs de 50 kg de châtaignes, (en 1902 le sac valait 6 à 7 F. (environ 16 €).

-En 1928, il est arrivé de décharger un wagon de sucre venant de la raffinerie de Thernier dans l’Aisne, le sucre étant réparti entre tous les épiciers, hôteliers, aubergistes, qui étaient nombreux à cette époque. Un grand restaurateur de Nontron, commandait des homards en Bretagne ; ils étaient expédiés à 22 h pour arriver à 6 h à Nontron.

-Durant la guerre de 1914/1918, il y avait des trains qui transportaient la récolte de topinambours, marrons d’Inde et châtaignes aux distilleries de Melle dans les Deux-Sèvres. Ces usines réquisitionnées par l’Etat travaillent uniquement pour la guerre.Tout l’alcool et acétone qu’elles produisent est employé à la fabrication des poudres et explosifs pour la défense nationale. Les topinambours blancs ou roses sont payés 30 F les 1000 kg nets sur wagons.

-En 1915 un train de réfugié belges est arrivé a Nontron, et pendant la guerre de 1939/1945, la gare a accueilli des réfugiés lorrains qui sont reparti en 1945.

-On ne peut pas quitter la gare de Nontron, sans parler des diligences, chargées de transporter les voyageurs jusqu’aux hôtels. Certains hôteliers avaient un attelage tiré par 2 chevaux anglo-arabes, un autre c’était un attelage tracté par un seul cheval. Plus tard cet hôtelier remplaça son cheval par une camionnette B2 de six places.

-En 1926, dans un quartier proche de la gare, le Faubourg Magnac, se trouvait un énorme dépôt de sel qui servait à la conservation des aliments. Le sel devançait les frigidaires et congélateurs. Un vrai ballet de charrettes tirées par des ânes, des mulets, des chevaux pour transiter ces sacs de sel pesant 50 kg. Le sel donnant soif, ce quartier était riche de 5 bistrots.

-En 1935, un train de colonie de vacances partit pour amener les enfants de Nontron dans l’Ile d’ Oléron.

-En 1900, un arrêté a été pris stipulant :  »En cas de mobilisation, la gare de Nontron a été désignée par le ministre de la Guerre (M° Le Général ANDRÉ) comme centre d’embarquement pour le ravitaillement des troupes ».

Cet arrêté n’a jamais été abrogé.

Je pense que notre ministre d’aujourd’hui serait bien embêté d’appliquer cet arrêté.

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G.B. avec la collaboration des Archives Départementales.

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