smdv-perigord (8)Je me dois d’aller cette fois-ci jusqu’à La Tour Blanche.

Pour moi, ce nom résonne dans l’histoire familiale comme l’endroit où mon arrière-arrière-grand-mère fut élevée chez les sœurs de Sainte Marthe. Une lettre de la supérieure du couvent, datée de 1860, en atteste: Elle est adressée à ma trisaïeule pour la féliciter à l’occasion de son mariage, et pour le choix que ses parents ont fait de lui trouver un jeune homme de bonne famille.

Aujourd’hui, le couvent est une résidence pour personnes âgées.

Près de Léguillac de Cercles, je tombe, sans le vouloir, sur le Brouillac. Je cherche des yeux l’humble maison périgordine de Maria, la fermière de ma grand-mère. Mais je n’arrive pas à l’identifier.

Le hameau est surtout constitué de pans de murs en ruine. Il y a cependant une maison de maître et, en face, une habitation accolée à ce beau pigeonnier. Quelques constructions récentes aussi.

L’air doit être bon car les jardins offrent une floraison abondante, précoce en ce début de printemps. Rien n’a donc gelé ici.

Je repars en direction de Saint Martial, non sans m’arrêter à Saint Front-sur-Nizonne.

Que vais-je y chercher ?

Des traces de vie : Lorsque mon jeune frère, enfant de choeur, suivait le curé de Saint Martial le dimanche, dans sa tournée des paroisses.

Ou de mort : J’ai une plaque commémorative en porcelaine qui indique qu’un  »oncle », enterré dans le caveau familial de Saint Martial, serait décédé ici en 1866.

Je me gare en contrebas et je grimpe vers une belle bâtisse ceinte d’un haut mur-terrasse digne d’un château. Puis je déambule parmi les maisons, et ne manque pas de remarquer un coquet jardinet triangulaire de conception originale, sur lequel s’ouvre une porte d’entrée cloutée, ornée d’un heurtoir. Je lis le nom d’un certain Stéphane…

Je reprends ma voiture. La route sépare une fontaine fleurie d’un lavoir, et me conduit vers l’église romane magnifique, avec sa tour-clocher imposante. J’erre autour du chevet, parmi les vieilles tombes, mais ne lis aucun nom rappelant des liens familiaux. J’avance jusqu’à la Nizonne, ce gentil ruisselet qui souffre aujourd’hui d’un manque d’eau. Parallèlement au pont, un arbre gigantesque, désarticulé, gît en travers du ruisseau, abattu par les ans, ou la tempête, ou la maladie.

A ce jour, je n’ai pas vraiment élucidé mes liens ancestraux avec Saint Front-sur-Nizonne.

Agnès DESAGES

©Site officiel de la commune de Saint-Martial de Valette en Périgord vert - https://saint-martial-de-valette.fr
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