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Si Saint-Martial m’était conté, lettre 26

smdv-perigord (8)Je quitte Mareuil pour m’aventurer jusqu’aux confins du Périgord. Je laisse la départementale pour bifurquer à gauche en direction de Sainte-Croix de Mareuil. Mais, très vite, je m’arrête sur le bas-côté, le regard attiré par les ruines d’une église romane, à Saint Priest. Sous un ciel orageux, les murs déchiquetés, fissurés ou envahis par la végétation, semblent bien fragiles. Certains s’écartent de leur base dangereusement, prêts à s’écrouler au moindre vent tempétueux, au zébrage d’un éclair ou au foudroiement venu du ciel.

A sainte-Croix, je me contente de faire le tour de l’église et de relever les noms des curés de la paroisse et de deux grandes familles sur les quatre stèles qui restent de l’ancien cimetière.

Une route de plus en plus étroite serpente à travers champs et prairies, où paissent des moutons. La nature me paraît plus charentaise que périgordine : il y a moins de bois, même si certains restent très touffus du côté de Davinas ou Bourdeillas. De temps en temps, un panneau d’arrêt de car scolaire me rassure sur mon circuit.

Et me voici, dominant La Rochebeaucourt.

Je vais me garer devant la mairie où je rentre joyeusement afin de me renseigner sur les périodes où Alfred Malifaud, cousin de ma grand-mère, était le premier magistrat de la commune. Je repère son nom sur un tableau, de 1945 à 1959.

Il habitait une maison mitoyenne, dans le bourg, de l’autre côté de la rue. Nous faisions chez lui des repas pantagruéliques. Je ne dépassais pas les hors-d’oeuvre et attendais avec impatience la fin du déjeuner, vers cinq heures. C’est alors que tante Madeleine proposait : ”vous resterez bien dîner ? Un peu de potage au vermicelle…” Et, sans beaucoup hésiter, nous enchaînions sur le dîner qui se voulait léger par les mots, mais se révélait copieux.

Mes souvenirs d’adolescente se rattachent aussi à des ambiances de fête, avec un défilé de chars décorés pour Pâques. Il paraît que cette tradition de corso fleuri, qui date de la fin du XIXe siècle, se perpétue.

Je passe devant l’église forteresse, voulue par Ytier de Villebois au XI ème siècle. Une puissance inébranlable se dégage de cet édifice.

Après une charmante rencontre avec une déléguée du patrimoine, je m’engage sur le pont, non sans m’arrêter pour voir la Nizonne ornée de plantes aquatiques dont les pousses semblent bien maîtrisées.

Au milieu du pont, une borne signale la séparation Dordogne-Charente. C’est aussi une autre frontière qu’elle évoque, celle de la ligne de démarcation pendant la deuxième guerre mondiale, au niveau du cimetière, coupant la France en deux. C’est peut-être cette situation tragique qui est à l’origine de l’incendie de 1941, du château réquisitionné par les Allemands.

Sur la route, au lieu-dit ”Les Blanquets”, on découvre le parc et les ruines de la demeure des contes Galard de Béarn. On dit qu’en 1948, le Général de Gaulle s’arrêta devant la grille. La grande Histoire était passée par là.

Tout en restant dans la commune, je m’aventure sur le plateau d’Argentine.

Une croix, nommée ”Croix des sauterelles”, attire mon attention par la notice qui l’accompagne : ”Une sècheresse exceptionnelle s’est abattue sur le sud de la France de 1780 à 1785 avec des invasions de sauterelles détruisant toutes les récoltes sur leur passage. Cette invasion s’est arrêtée brutalement à cet endroit en 1785, sauvant ainsi les récoltes. Cette croix a été érigée en remerciement de ce miracle.”

Alors, quid du réchauffement climatique actuel ?

Au lieu-dit Argentine, la chapelle a été restaurée, avec une forte empreinte de XXème siècle.

Juste avant, un chemin balisé et sécurisé conduit vers des cluzeaux. Tout d’abord, je prends celui de droite, et je me sens tout d’un coup aspirée par un air glacial, jusqu’à une entrée impressionnante : il s’agit là d’anciennes carrières de calcaire.

De l’autre côté, ce sont bien des cluzeaux, ces ouvertures naturelles dans la roche, l’un abritant des silos, un autre des cavités pour d’anciennes sépultures. Leur taille est exceptionnelle. Mais on pense tout de suite à la merveilleuse église monolithe et troglodyte d’Aubeterre, leur presque voisine.

Je vais maintenant aborder la fin de mon circuit par Goûts-Rossignol, afin de poursuivre vers Champagne-Fontaine. Je sais ce que je viens y chercher : la demeure familiale de la famille de Gaulle, La Ligerie, près de l’église.

Charles de Gaulle y passa toutes ses vacances jusqu’à son grade de capitaine. Son père, préfet des études dans un établissement privé parisien, y jouissait des longs congés des enseignants.

La propriété fut vendue à M° Delmas, le beau-père d’un certain…..Chaban-Delmas !!

Il n’est donc pas étonnant que le chef de la France libre soit revenu dans nos contrées.

Agnès DESAGES


©Site officiel de la commune de Saint-Martial de Valette en Périgord vert - https://saint-martial-de-valette.fr

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