Category: Si Saint-Martial m’était conté (page 1 of 7)

Petites histoires du temps jadis en Dordogne

Si Saint-Martial m’était conté, lettre 20

smdv-perigord (8) Je reprends la route de Mareuil, que je quitte, quelques kilomètres plus loin, en direction des Bernardières.

Je connaissais l’existence du château, mais pas du hameau.

C’est une route étroite, en mauvais état, qui m’y conduit.

Au milieu des bois, sous un ciel maussade, une impression un peu dérangeante me gagne. On s’attendrait presque, en ces lieux retirés, à voir resurgir des bandits de grand chemin….

Puis l’horizon se dégage tout d’un coup. Un panneau impose trente à l’heure. Comment ne pas être tenté de ralentir tout-à-fait et de s’arrêter ?

J’aborde une personne qui vient d’arriver elle-même en voiture. Puis, sur ses indications, je me promène alentour.

J’emprunte un sentier herbeux, bien entretenu, entre deux murs de pierres sèches. Ici, je croise un chien qui vient à ma rencontre, et là un chat qui guette les passants, un autre étendu nonchalamment sur une terrasse. Nul animal agressif en ces lieux. Je poursuis donc mon chemin. Ici, un buis majestueux résiste encore à la maladie. Là, et encore là-bas, des yuccas arborent leur hampe blanche, alors que les miens ne fleurissent que tous les dix ans ! Pourquoi ?

Il est vrai qu’ici tout respire la santé.

Au fur et à mesure de ma découverte, je m’étonne de constater que presque toutes les maisons sont rénovées et habitées. Dans les jardins, du mobilier en fer forgé contribue à donner une note d’authenticité à cet endroit.

Je contourne une grange à moitié debout. Il reste donc encore des bâtisses à reconquérir ? Mais, en en faisant le tour, je découvre un mur aux pierres bien jointoyées encadrant une large ouverture en pierre de taille. Dans un coin, une vieille échelle en bois fait un clin d’oeil au passé et offre une invitation à venir poursuivre les travaux.

Des rosiers grimpants ornent la moindre façade.

Des rideaux aux fenêtres, quelques personnes actives dans les jardins : C’est une quiétude vivante. Un silence habité.

Cet endroit est séduisant.

A la sortie des Bernardières, je tourne à gauche vers Champeau. Je suis d’abord choquée par l’emplacement d’une scierie : Elle n’est même pas à l’entrée du village, mais  »dans » le village ! Le bruit des machines ne m’incite pas à m’arrêter.

Pourtant, je suis curieuse de franchir le mur d’enceinte, à ma droite : Après quelques marches en pierre, on passe une porte surmontée d’une croix. Puis, un terrain herbu. Un cimetière ? Non, puisqu’apparemment il n’y a pas de trace de tombe. Mais, au fond, une maison dont l’entrée est dominée par une majestueuse statue mariale. Alors, ancien couvent peut-être ?

Je voudrais m’adresser à la mairie pour en savoir davantage : Elle est fermée. Je guette le moindre habitant : Personne en vue. Je me dirige vers la belle l’église des 13 ème et 15 ème siècles, mais pas davantage d’explications. Il n’y a pas âme qui vive dans ce village ! Les portes sont closes. Il est vrai qu’il n’y a aucune incitation à s’attarder à l’extérieur, étant donné le bruit dominant de la scierie.

Quel contraste avec l’atmosphère du hameau précédent !

En reprenant mon itinéraire La Tour Blanche – Nontron, je me glisse vers des contrées sauvages à la recherche de La Chapelle Montmoreau.

Je fais d’abord fausse route et me retrouve au lieu-dit  »repaire » qui n’est pas un repère ! Je rebrousse chemin.

Dans le village enfin trouvé, le beau domaine de Montmoreau semble englober la chapelle-église paroissiale : Sans doute une certaine unité des lieux à l’origine, mais que les services de la mairie n’ont pu me certifier.

Une chance cependant : l’église est ouverte.

Murs blancs. Autel en bois sculpté bien ciré. La chaire et son escalier d’accès n’ont pas été ôtés.

Sur un mur extérieur, je relève sur une plaque :  »La mendicité est interdite dans le département de la Dordogne.  » C’est bien le seul vestige de ce genre que je connaisse.

Je quitte le village par une route en lacets, digne de nos bonnes vieilles montagnes. Mais je reviendrai fureter dans les parages.

Agnès DESAGES

©Site officiel de la commune de Saint-Martial de Valette en Périgord vert - https://saint-martial-de-valette.fr
Share

Si Saint-Martial m’était conté, lettre 19

smdv-perigord (8)Je me dois d’aller cette fois-ci jusqu’à La Tour Blanche.

Pour moi, ce nom résonne dans l’histoire familiale comme l’endroit où mon arrière-arrière-grand-mère fut élevée chez les sœurs de Sainte Marthe. Une lettre de la supérieure du couvent, datée de 1860, en atteste: Elle est adressée à ma trisaïeule pour la féliciter à l’occasion de son mariage, et pour le choix que ses parents ont fait de lui trouver un jeune homme de bonne famille.

Aujourd’hui, le couvent est une résidence pour personnes âgées.

Près de Léguillac de Cercles, je tombe, sans le vouloir, sur le Brouillac. Je cherche des yeux l’humble maison périgordine de Maria, la fermière de ma grand-mère. Mais je n’arrive pas à l’identifier.

Le hameau est surtout constitué de pans de murs en ruine. Il y a cependant une maison de maître et, en face, une habitation accolée à ce beau pigeonnier. Quelques constructions récentes aussi.

L’air doit être bon car les jardins offrent une floraison abondante, précoce en ce début de printemps. Rien n’a donc gelé ici.

Je repars en direction de Saint Martial, non sans m’arrêter à Saint Front-sur-Nizonne.

Que vais-je y chercher ?

Des traces de vie : Lorsque mon jeune frère, enfant de choeur, suivait le curé de Saint Martial le dimanche, dans sa tournée des paroisses.

Ou de mort : J’ai une plaque commémorative en porcelaine qui indique qu’un  »oncle », enterré dans le caveau familial de Saint Martial, serait décédé ici en 1866.

Je me gare en contrebas et je grimpe vers une belle bâtisse ceinte d’un haut mur-terrasse digne d’un château. Puis je déambule parmi les maisons, et ne manque pas de remarquer un coquet jardinet triangulaire de conception originale, sur lequel s’ouvre une porte d’entrée cloutée, ornée d’un heurtoir. Je lis le nom d’un certain Stéphane…

Je reprends ma voiture. La route sépare une fontaine fleurie d’un lavoir, et me conduit vers l’église romane magnifique, avec sa tour-clocher imposante. J’erre autour du chevet, parmi les vieilles tombes, mais ne lis aucun nom rappelant des liens familiaux. J’avance jusqu’à la Nizonne, ce gentil ruisselet qui souffre aujourd’hui d’un manque d’eau. Parallèlement au pont, un arbre gigantesque, désarticulé, gît en travers du ruisseau, abattu par les ans, ou la tempête, ou la maladie.

A ce jour, je n’ai pas vraiment élucidé mes liens ancestraux avec Saint Front-sur-Nizonne.

Agnès DESAGES

©Site officiel de la commune de Saint-Martial de Valette en Périgord vert - https://saint-martial-de-valette.fr
Share

Si Saint-Martial m’était conté, lettre 18

smdv-perigord (8) Eloignons-nous de Saint Martial, mais restons dans le  »pays  ».

Des amours contrariées, une vengeance, et souvent une  »dame blanche » qui erre dans un château ou dans un parc, pour l’éternité : Ce sont souvent les ingrédients des légendes qui accompagnent la survie de nos demeures périgourdines.

A Bagatelle, près de Léguillac de Cercles, une malédiction veut que l’enceinte de la propriété ne soit jamais indemne : Quand le mur démoli est refait, aussitôt, dans la nuit qui suit la réparation, une brèche s’ouvre à un autre endroit.

Telle était l’histoire que me racontait mon parrain qui habitait non loin de là, au Moulin de La Forge.

Evidement, il prenait soin de rapporter la légende les soirs d’hiver, à la nuit tombante, pour lui donner plus de mystère. Et il reprenait son feuilleton chaque année, ajoutant un épisode récent à cette histoire.

Ces dernières décennies, il fut question, un temps, de voir Bagatelle achetée par des Orientaux pour y installer un circuit automobile destiné aux voitures anciennes.

L’affaire ne fut pas conclue.

La dame blanche avait su préserver son domaine : Plutôt son histoire que celle des Mille et Une Nuits…

Je suis curieuse de retrouver les traces de cette histoire.

Je prend donc la route de Mareuil puis, à gauche, celle de La Tour Blanche.

Rouler à quarante à l’heure me semble une belle allure pour profiter de l’environnement boisé, des feuillus qui borde la route. Je guette, sur ma gauche, un pré en pente douce : J’étais petite, je venais d’accompagner ma grand-mère chez sa fermière ; cette dernière lui avait remis tout un sac de jute rempli de pêches de vigne : Un trésor. Nous étions assises dans l’herbe. Ma grand-mère m’incita à faire des roulades. Et j’atterris près d’un énorme champignon. C’est alors que mon aïeule scruta les alentours et s’exclama :  » Il y en a partout ! Ce sont des rosés des près. Je n’en ai jamais vu autant en une seule fois !  »

Elle remplit donc un sac d’abondance.

Par la suite, elle s’arrêta chaque année au même endroit. Mais la manne d’un jour ne s’était pas reproduite.

J’arrive enfin devant la magnifique propriété de Bagatelle. Point de mur d’enceinte. Ah si, il en reste quelques mètres, complètement ruinés. Les propriétaires actuels, découragés, ont dû laisser le temps faire son ouvrage.

Aujourd’hui, la dame blanche veille sur son territoire.

Agnès DESAGES

©Site officiel de la commune de Saint-Martial de Valette en Périgord vert - https://saint-martial-de-valette.fr
Share
Older posts

© 2017 Saint-Martial de Valette

Theme by Anders Noren... Site réalisé par mcmg.bizUp ↑